Quand l’amour est une crème glacée molle.

 

Mon père m’a appris que l’amour pouvait durer cent ans, désolé Beigbeder. Mon père est plus intelligent que le tien.

 

Et je lui en veux parfois.

 

Pas pour sa sagesse, mais pour son inéluctable foi en l’amour vrai.

 

 

Un été sans amour, c’est comme une toast de beurre de peanut sans verre de lait, c’est plate en tabarnac.

 

Mais quand tu as rien d’autre à boire, un verre d’eau ça fait la job.

 

À la longue, tu te tannes.

 

Ce soir, dans cette solitude de ventilateur de plafond, mon cœur a les mains vides. Et je me mets à réfléchir.

 

 

***

 

 

L’été bat son plein. Maudit que le temps passe vite. Août m’envoie déjà chier.

 

Les slush ont fait leur come back dans les dépanneurs depuis un sale bout. (By the way, la saveur de melon d’eau au Couche-tard est écoeurante.)

 

Plusieurs mois, plusieurs brosses, plusieurs erreurs plus tard, le soleil me déviergeant doucement les pupilles de sa splendeur estivale, je réalise.

 

 

Ma conception du couple se casse les dents sur mes vieux rêves d’amour.
Holy shit.

 

 

 

En parfaite opposition, qu’est-ce qui devra rendre l’âme en premier? L’amour romanesque? Le couple qui résiste à tout?

 

Si dans l’histoire de l’homme, l’amour n’intervient en rien dans la survie de l’espèce, pourquoi lui accordons-nous autant de splendeur?

 

L’amour a connu diverses définitions au fil des siècles, et c’est au 19e que la notion de couple, comme nous l’entendons aujourd’hui a pris des galons.

 

 

Autrement dit, ça fait pas longtemps que c’est populaire, être en couple par amour, avoir le choix de l’être avec qui on va partager nos bouteilles de Veuve cliquot pour célébrer l’arrivée du petit Arthur pis nos bills de vidéotron qui défoncent de 100 $ sans oublier les cheveux longs pognés dans le drain du bain.

 

 

***

 

 

Si l’amour juteux de passion ne dure pas éternellement et que ce sont les projets à long terme qui unissent le couple, que me reste-t-il? Et si je crois d’abord et avant tout aux petits coups de poings dans le ventre quand je pense à elle, aux bouffées d’affection d’un simple regard lorsqu’elle revient du boulot et qu’elle monte la côte pour revenir à l’appart.

Cumuler les histoires. Collectionner les débuts. Ne jamais se poser quelque part pour être sûr de toujours voler?

C’est sans cesse l’ultime combat entre l’exquis héritage de mon paternel, c’est-à-dire l’amour qui dure toute une vie et le sempiternel problème de la passion ravageuse qui finit par s’atténuer comme une crème molle à 35 degrés, tu la manges vite en tabarnac, t’en as plein la gueule.

Mais c’est éphémère.

C’est ça l’amour au 21e siècle?

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