MEA CULPA.

Décembre est un mois terrible. Après la fadeur de novembre où l’hiver a le pied dans la porte de l’automne, il dissipe tout désordre des saisons. Lorsque le tapis blanc s’installe sur le gazon gelé, décembre balaie tout sur son passage. Comme un tableau griffonné que l’on vient aussitôt d’effacer.


Le petit maudit. Il nous force à réfléchir sur la dernière année. Celle que tu as trouvée rough en tabarnac. Celle qui t’a fait pogner un serpent au lieu d’une échelle pis que tu es retombé plus bas. Une pas pire dérape.

Des fois, c’est nice. Tu as juste grandi. Tu n’as pas nécessairement plus de barbe qu’avant mais tu as de la sagesse plein le cœur comme des guirlandes de Noël qui te quitteront jamais. Dans le meilleur des cas, c’était l’année de ta vie. Une nouvelle job. Un nouveau char. Un voyage au Pérou. Une blonde parfaite. Ton équipe a fait les séries. Pis ta grande sœur attend un kid. Clairement meilleure que ton année chanceuse. C’est jamais notre meilleure année cette osti-là.

Bref, tu te mets à penser. Tu aimes pas trop ça. C’est inconfortable. C’est froid. Les mains de ton coeur sont encore gelées.


Tu soupires de soulagement ou de rage. Mais tu soupires le plus sincèrement du monde.

Tu te souviens de l’année passée avec un goût de tumeur pas cool dans la bouche. Tu te rappelles tes échecs. Ton cœur a la même vieille devise que le Québec. Il s’en souvient.

Ta peau avait même sécrété une espèce de corne contre le soleil pis l’espoir. Tu la trouves douce ta peau maintenant. On a passé le papier sablé sur tes bobos, sur tes misères.

Tu as signé l’armistice avec ton passé. Tu as fais le ménage, donné au passage des souvenirs de trop au magasin d’occasion. Tu as gardé l’essentiel : une poignée de moments magnifiques que tu vas lancer comme les cendres d’un défunt que tu as aimé fort. Sauf que le mort c’est ton année de marde. C’est la page que tu as brulée de ton plein gré. Sans cacher du coup, ta satisfaction et ta joie.

Tu vas l’éparpiller en disant au revoir à chaque souvenir, chaque parcelle qui va tomber de tes mains comme des bêtes sauvages qu’on libère enfin de leur cage.

Aujourd’hui, le soleil n’a plus la gorge nouée et tu embrasses enfin le ciel.

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