Avoir la peste au cœur.

Quand j’ai le cœur gros comme le docteur Barrette, tu me dis souvent : Ed, combien sur dix tu te sens ?

Chaque fois, je te souris, même dans ma misère la plus insolente. Aujourd’hui, écoute-moi.

 

***

Même pour les meilleurs d’entre nous, ceux qui surfent sur de colossales vagues d’optimisme débridé et qui devant l’absolu ne s’avoue jamais vaincu : il existe des enfers.

 

 

 

 

Les désordres spontanés du cœur.

 

 

Ils n’épargnent personne. Ils sont durs à anticiper, voire impossibles à présager. Ils nous sautent à la gorge comme des chiots affamés aux dents acérées dans un film de Tarantino.

 

 

Si les histoires meurent souvent à petit feu à l’automne, il y a des amours qui explosent comme des big bang à chaque instant. Les mauvaises langues parlent des saisons pour être heureux et de celles qui nous écrasent l’abdomen comme des étaux.

 

 

L’hiver est une saison qui égorge.

 

 

J’aimerais pouvoir me révolter à ce propos. Mais force est d’admettre que les changements de température, la couleur des ramures aux couvertures blanches de février sont des catalyseurs de la bonne humeur ou bien des promoteurs de malheurs. La mainmise des saisons sur le grand fleuve de nos émotions me fait chier.

 

 

L’hiver – dans toute sa majesté – nous ankylose les aortes. Elle ensommeille nos sens et parfois même nos luttes les plus acharnées, nos plus jolies aussi. La lumière inexistante du soleil, celle qui assoiffe nos peaux, est loin d’être un remède, plus un mal de rire.

 

 

De ma voix charletysseresque, je résonne dans ma tête avec toute la gravité du monde.

 

 
Dans toute relation arrive un juteux moment, un point névralgique où tu réalises que tu as besoin de l’autre ou pas. Qu’il te suffit ou pas. Malgré ses lacunes et ses triomphes.  Ce moment est important, car il détermine le volume de votre histoire : sa capacité à encaisser les coups et à guérir de tout.

 

 

Quand l’amour n’est plus armé de certitude, les batailles semblent intenables et foutues.

 

 

Mais je ne m’avouerai jamais vaincu. Il ne faut pas de beau temps pour aimer. L’époque n’a pas son mot à dire, puisque c’est le cœur qui fait tout le travail. C’est lui qui prend le risque d’éclater à tout moment, après avoir pompé avec trop d’enthousiasme le sang nécessaire à cette folle aventure. Il n’y a pas de température exacte pour l’allégresse. Il n’y a aucune recette et cela me suffit.

 

 

En présence d’un tel chaos, l’option la plus souhaitable reste la riposte.

 

 

Il faut répliquer, aborder le problème, au risque de passer au feu. À quoi bon posséder des tonnes de meubles si nos promesses se sont évadées.

 

 

Après avoir posé toutes les questions sur la table et les avoir décortiqués, réfléchit dans la quiétude d’un silence d’obscurité et épuisé le problème. Si même CTL + ALT + DLT ne marche pas, c’est à ce moment qu’on peut soupirer bruyamment et s’avouer vaincu.

Mais pas avant.

 

 

 

 

Rien n’est plus désolant qu’un bonheur qui se révèle être un décor de cinéma.

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