Réflexion sur l’amour à l’usage d’un excessif.

Je suis un excessif de la pire espèce.

La plupart du temps, cela sert mes intérêts d’une jolie façon. En revanche, lorsqu’il est question de savoir doser, ma nature m’a toujours empêché la réussite réconfortante de la sobriété. Cette frugalité fut sans cesse un mystère pour le petit garçon et également l’homme que je suis devenu.

J’aimais mon verre d’eau plein au risque d’échapper ce breuvage du soir sur le tapis du couloir. Cela était un moindre mal car je puisais dans cet excès une satiété incomparable.

Les années passèrent et j’exportai ce mode de vie à mes histoires de cœur. Avec beaucoup de fracas et de flafla parfois, il faut l’admettre, j’aimais sans modération et souvent sans concession. C’était dangereux l’amour.

Principalement pour sa douleur, quand il était question d’être heureux, comme le commun des mortels, je m’en tirais plutôt à bon compte. Doué pour le bonheur, je le suis depuis ma jeunesse. Les nuages me fascinaient. C’est facile d’être heureux quand les nimbus et les nimbostratus te font rêver.

Mettre mon cœur sur pause.

J’y ai pensé une bonne centaine de fois. Ce serait un bon moyen d’enrayer cette jolie malédiction d’excès qui accompagnait l’amour à coup sûr. Combien de fois je me suis imaginé une télécommande capable de mettre sur pause l’étendu de mes sentiments, de mettre en «stanby» mon gros cœur déréglé.

Cela m’aurait épargné plusieurs «bills» de carte de crédit aussi indécent que Robert Gillet sous la douche en 2003. Malheureusement, cette capacité d’arrêter mon cœur temporairement s’est constamment heurtée à de misérables échecs. Des tentatives lamentables où je passais quelques jours à OFF.

Sans se faire prier, le VHS au beau milieu de ma poitrine se remettait à jouer de plus belle. C’était presque beau d’échouer avec autant d’adresse. Je n’oublierai jamais ces descentes dans les abimes de l’indifférence.

Aujourd’hui, il m’arrive de souhaiter éteindre un peu le soleil qui se consume à l’intérieur de moi, afin de soulager les brûlures qu’il occasionne aux organes qui orbitent autour de lui.
Une absence de guerre dont je ne me plaindrais pas cette fois.

Je n’ai pas encore ce talent de faire taire cette sincérité qui m’anéanti au quotidien. Mais je suis presque sûr que c’est dans cette noirceur que la beauté convulse.

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