Cette bête insatiable qu’est l’amitié.

Je n’ai jamais eu le pouce vert en amitié.

Ce n’est pas que j’échouais pauvrement à me faire des amis et qu’on me fuyait quotidiennement dans la cour d’école. C’était pas si pire que ça.

J’aime sincèrement cultiver des amitiés. Avec du temps, de la sincérité à outrance, beaucoup de rire et du soleil brut, on réussit le tour de force de façonner de splendides relations.

Mais les années déboulèrent les escaliers comme des personnes âgées. On n’est jamais prêt à ça.

Même les plus fort d’entre nous se pètent les genoux sur les inaltérables brosses du Cégep, les milliards de gens qu’on rencontre quand on décide de vivre pour vrai. Au moment même où on croit rusé de déterminer la personne que l’on veut être.

On n’a pas tout à fait le choix, alors on s’éparpille, on s’évertue le cœur du mieux qu’on peut et on tente par tous les moyens possibles – du peu de morale qui nous habite – de faire le bien.

Le problème ce n’était pas de les créer ces belles amitiés, mais de les entretenir.

Et je l’avoue promptement mais avec une pointe d’amertume dans le fond de la gorge. Comme un Gin Tonic avec du Beefeater, ça racle la gorge et on avale le liquide cruellement.

Je n’ai pas réussi à donner assez d’eau, de temps, d’engrais, de rires et d’assiduité à toutes ces belles amitiés qui m’ont perforés l’âme au complet. C’est un constat qui vient lécher ma conscience comme les flammes d’un feu qu’on ne croit plus possible d’éteindre.

Après la débâcle dans les escaliers, le temps finit par cicatriser et fin renard il apprend – trop tard parfois – à s’occuper des siens.

Saint-Exupéry disait que l’on est responsable de ce que l’on aime. Le Petit Prince, l’histoire contemporaine pour enfant la plus utile aux adultes.

L’année passée à presque pareille date, on tâtait le ciel avec nos yeux pleins d’Heineken et on cherchait les perséides au milieu d’un lac à trois heures du matin. On les a jamais vus les criss d’étoiles. Il faisait nuit même le jour dans ce temps-là.
Mais ce qu’on ne s’attendait surtout pas, c’est qu’un an plus tard, on aurait pu besoin de fouiller le ciel à la recherche des débris de la comète Swift-Tuttle.

Parce qu’il suffit d’ouvrir un seul œil le matin pour admirer à même notre lit une perséide.

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