Tout fout le camp.

Jamais une génération n’aura eu besoin d’autant de sens que la notre.

 

Et je le dis avec consternation.

 

Nos concepts comme nos valeurs sonnent creux. Ils ne pointent plus le nord, ils ne semblent plus dire la vérité. Ils ne ressemblent à rien.

 

Nos points de repère nous ont tout simplement abandonné. Ils ont brûlé jusqu’à l’aube.

 

Leurs carcasses sont là, mais la chair n’y est plus. Ironiquement, de nos jours, c’est dans cette poursuite fallacieuse du vide que l’on a trouvé refuge.

 

Pour de vrai.

 

Ma génération et moi on est des drôles de monstres.

 

Les kings de l’extraordinaire contradiction. Capables de tout. Armés d’une spectaculaire confiance en l’avenir. Affublés d’un soleil invincible qui pourchasse les noirceurs humaines.

 

Persuadés d’être les protagonistes de quelque chose d’immense, de beau et de complexe.

 

 

Et pourtant, l’essentiel nous capitule des mains tous les jours.

 

On ne fait plus confiance à l’autre. On a pleuré les divorces. On les a parfois célébré. On estime le mariage avec le même amusement qu’un adulte devant un spectacle de magie. On ne s’émerveille plus devant l’inconnu car on le sait truqué. L’illusion est au service de tout.

 

La foi a pris ses jambes à son cou. Pour les miens, l’amour est d’abord et avant tout un vestige.

 

Roméo n’est plus apte à mourir par amour. Il additionne les séries devant le miroir et aime prendre des selfies. Il veut être heureux riche.

 

Iseult n’abandonnerait jamais son palais pour l’inconnu et la simplicité car l’amour est pire que pile ou face. Il ne semble plus y avoir de gagnants.

 

Les sites de rencontres et les applications du genre reflètent bien notre état d’esprit par rapport aux sentiments humains. Mais c’est aussi de notre époque, il faut se le rappeler. Avant on allait jouer dehors, maintenant on joue au Playstation. Jadis on prenait la main d’une personne, aujourd’hui on fait des high five dans les bars à n’importe qui parce que tsé on a toute la vie.

 

Un argument qui me brise un peu le cœur je dois l’avouer.

 

 

Cruellement, on est confronté à cette vacuité persistante, cette absence de signification dans les concepts majeurs de notre vie. Notre époque appelle au changement, et c’est d’ailleurs derrière celui-ci qu’on s’abrite lorsqu’on tente de donner sens à nos gestes et croyances.

 

Le 21e siècle nous pardonne tout, surtout nos échecs, mais il semble nous apprendre peu.

 

Au chaos d’aujourd’hui, j’ai peu de réponses. Néanmoins, je pense qu’il est grand temps de reconstruire nos points de repère, de faire de notre mieux, mais de réfléchir. Qu’est-ce que l’on veut ?

 

En présence de lumière aveuglante, il est plus facile de fermer les yeux, mais je préfère l’affronter.

Et vivre.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s