L’amour n’est pas glorieux.

Il fallait bien que la passion ait un coût. Un prix que l’on paye souvent de sa chair, non sans regrets. Les années passent et les romans de mon adolescence m’ont trahi. Surtout ceux qui éjaculent une version édulcorée de l’amour. Ils ont eu le malheur de faire mon bonheur jadis, mais force est de constater qu’ils ont fait naître en moi des espoirs que j’aurais préféré écraser sur le champ. Mort-nées, ses aspirations à des amours grandioses m’auraient peut-être permis quelques répits.

 

Ces éclaircies vers trois heures et quart de l’après-midi, lorsque l’été bat son plein et que seul le bruit des monarques brise le ciel. Cette sainte paix n’a rien de religieux et a surtout le bonheur de prendre notre âme par la main. Dans ce silence exaltant, la peur nous abandonnerait peut-être. Je ne sais toujours pas si quelque part incrusté dans notre génotype, à travers ses hélices qui s’enlacent, il y aurait un tout petit gène responsable d’une grande partie de mes malheurs. Les passionnés sont des êtres à part qui n’ont pas, à priori, peur de souffrir. Sinon, à quoi bon aimer.

 

L’amour est une chimère qu’il faut apprivoiser. Avec mon fouet et mon chapeau d’Indiana, j’essaie tant bien que mal de me dresser contre ses misères. Mais cela ne ce fait pas sans goûter un jour ou l’autre à la douleur spectaculaire de l’échec. Si seulement les films de Walt Disney et les happy ends douteux des longs métrages que j’ai pu dévorer au fil des années avaient su m’exposer l’amour vrai. Celui qui se traduit en efforts et en temps. Cet amour que l’on devrait nommer patience. Ce vilain petit canard qui devient cygne. La simplicité d’une vie à nue. Les contes de fées sont beaux bien sûr, mais ils nous ont caché les engrenages sales et obscurs de l’amour. Comme l’image que l’on se fait de sa première fois au lit ou du premier char que l’on aura sous la main. En moyenne, les deux ne durent pas très longtemps et se révèlent souvent un prélude à quelque chose de beaucoup mieux.

 


J’appréhende souvent les relations amoureuses comme l’escalade. Si les grimpeurs se targuent d’avoir gravit telles montagnes, c’est l’ascension qui nous frappe et qui plus singulièrement nous façonne. Davantage que la vue somptueuse qu’offre le sommet, c’est dans l’effort que l’on trouve la gloire. Vieillir ne devrait pas nous remplir les poches de cailloux, pour nous empêcher de voler. Cependant, il serait sage d’en garder un pour la route, principalement pour se souvenir. Des efforts qu’on s’est acquitté, de l’audace que l’on a eu d’avoir la foi et de la gloire, surtout, de ne pas avoir abandonné.

 

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