Quand le miroir se brise.

Il arrive un moment où tu réalises que la vie que tu mènes est aux antipodes de celle que tu avais espérée.

 

 

Comme une grosse câlisse de claque au visage que tu reçois des deux côtés par les mains géantes de la vie. Cette même vie qui semble t’avoir trahi.

 

 

Où est-ce toi qui ne s’est pas révélé être à la hauteur ?

 

 

Toi seul le sais.

 

Comme une toune de Safia Nolin, ton moral se balade sur le pont de Québec en fixant au loin la glace brisée sur le fleuve Saint-Laurent. Il fait froid, mais tu ne ressens plus rien.

 

Les yeux écarquillés tu ne vois plus rien dans le miroir.

 

 

Tes journées ouvrent péniblement leurs paupières sur le même spectacle navrant depuis un sale moment. «The show must go on» que tu te dis.

 

 

 

Las de ce qui jadis ressemblait à des défis, il n’en reste rien aujourd’hui. Tes challenges au boulot sont un Sahara qui d’année en année emporte avec lui encore plus de forêts, cette joyeuse vie verte nécessaire à ton émancipation sur terre.

 

 

 

Quelque part entre le beau matin où tu te voyais clinquant devant un iMac de 27 pouces dans de grands bureaux blanc au pays des merveilles avec une Alice bouclée comme collègue de travail et ta job ennuyeuse du moment, tu t’es assoupi. Un camion poubelle de routine et de mauvaises habitudes s’est abattu sur toi comme une malédiction.

 

Tu as mis tes rêves à OFF, pas sur pause, tu as fermé boutique on dirait. Peut-être par profonde déception, confortée par des années de douleurs pantagruéliques. À cause d’un cœur brûlé au napalm qui se consume dans le noir d’une nuit éternelle. Ne nous emportons pas! Peut-être que simplement, tu ne trouvais plus la sortie du labyrinthe. Entre tes années d’études et le métier que tu chérissais, il s’en est passé des choses. Soit. Trouve-toi une explication, une bonne, une solide, une juteuse. Et brûle là.

 

L’heure est venue.

 

 

Tu vas mettre à feu et à sac ton quotidien de marde et ton absence temporaire d’ambition. Ce ne sera pas facile, car il faudra faire des efforts et ça fait quelques années que tu as cessé d’en faire. Mais il n’est jamais trop tard pour ça. Je te le jure. Même que je te le promets sur la tombe de ma grand-mère. Ça peut sembler cliché, mais je garde dans mon porte-monnaie une photo d’elle pour me ramener sur le bon chemin quand je m’égare. Parfois, ça ne marche pas, mais la plupart du temps j’entends sa voix qui me botte le cul et ça me suffit.

 

 

Trouve-toi une grand-mère qui te botte le cul et tu seras sain et sauf lorsque l’idée d’abandonner la guerre envahira tes veines. C’est un combat pour retrouver tes rêves. Existe-t-il une plus belle et plus juste raison de se battre que pour ses rêves ?

 

 

Et c’est à ce moment, après t’être retroussé les manches, les jeans, les bas, ce que tu veux, que tu auras refait ton CV et inonder de ton talent spectral les sites de placement d’emploi que tu pourras respirer enfin. Quand tu croiseras ton regard dans le miroir et que tu ne te reconnaitras plus, tu auras le droit de te poser la question légitime et cruelle : as-tu été à la hauteur de tes ambitions ?

 

 

C’est une chose de faire naufrage, s’en est une autre de repartir au large.

 

 

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