Renaître de ses silences.

Hier soir, j’ai daté ma blonde comme à l’époque où nous étions encore des étrangers et que tout ce qui nous séparait nous rapprochait.

Je l’ai texté pour l’inviter au Clap ; j’ai précisé une heure, un titre de long-métrage et le tout bien arrosé par mon charisme bien charnu. J’espérais qu’elle dise oui mais je lui laissais tout même le droit de refuser et de préférer engloutir le dernier d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

En cas de refus, j’avais prévu mon coup. Je l’invitais au Macfly boire quelques pintes de rousse entre deux game d’arcade où je la laisserais toujours gagner. Elle a accepté criss. Ma mère m’avait parlé d’un film qui l’avait charmé et dont le personnage principal me ferait penser à mon paternel. Il n’en fallait pas plus pour sonner les grandes cloches de ma curiosité. J’ai tout de suite texté ma douce en douce à la job.

Les lumières laissaient mourir leurs derniers soupirs dans la salle. Le bourdonnement du pop-corn que les autres avalaient goulûment tintait à mes oreilles de christ comme un gros crachat sur le trottoir à deux pouces de mes gougounes. Même dans un cinéma indépendant, on ne peut y échapper à la malbouffe. J’ai donc décidé de caler ma slush à la cerise pour participer moi aussi à la symphonie des bouches.

Le film m’a vomi sa beauté en plein milieu de la face de mon coeur. Barbouillé de cette pureté dont j’ai toujours cherché le reflet quelque part. C’était Viggo Mortensen et sa famille marginale qui m’assénait peut-être le dernier coup de grâce dont j’avais besoin pour mieux appréhender.

Anéanti par cette histoire exagérément jolie, il m’était dès lors impossible de me taire. Ce silence hors-la-loi dure depuis maintenant des lustres et il témoigne d’un désert qui s’était établi en moi.

Pas le genre de désert que tu aimes mon amour.

Mon épiphanie à moi était la suivante : ce ne sont pas nos paroles qui nous définissent mais bien les actions que l’on mène.

Et ça m’a frappé comme l’eau quand on tombe de très haut. Que l’on peut en mourir.

Moi l’homme de trop de mots, on m’avait mis K.O.

 

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