Comme on absorbe le ciel la nuit

Les journées passent et je me surprends à chercher le froid. Pourtant, il est nul part. Les trottoirs sont toujours gris. Les parcs ne sont pas estampillés par le pas des hommes. On peut encore détacher nos manteaux et rire. Je ne me souviens plus la dernière fois où j’ai espéré décembre. Cette froideur qui permet si habilement de suspendre nos sentiments un instant et y voir clair.

 

 

J’aurais aimé être ce feu brûlant qui te garde au chaud jour et nuit quand tu juges opportun de t’y réfugier.

 
Le fil d’une vie est si ténu et effrontément insolent. Il arrive que de grands évènements bouleversent à peine votre existence et que d’autres vous fassent l’effet d’une bombe nucléaire au fond de la gorge. Je me plais à penser que les os de mon cœur se sont brisés un à un pour cause de trop grande déception. Le hasard m’a abandonné.

 

Ironiquement, il y a quelque chose de beau dans le fait qu’aujourd’hui mes incertitudes sont ce que j’ai de plus chers, de plus grands. Une force vive capable et incapable de tout. Presque intenable.

 

D’ici là, il ne me reste plus qu’à survivre jusqu’au grand froid. Je me contenterais aussi d’un petit froid mordant, vif et vicieux.

 

Peu m’importe, en autant que je puisse laisser mourir mes douleurs vives dans la noirceur de l’hiver.

 

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s