La petite histoire d’un regret

Quand j’étais tout petit, je possédais sans surprise une imagination insolente qui me faisait rêver à des scénarios impossiblement beaux. Des toiles de musée pigées à même le cœur d’un gamin. Elles avaient toutes un dénominateur commun : un extravagant bonheur. Bien évidemment, la vie allait tôt ou tard m’apprendre sa plus grande leçon : son injustice.

 

 
Comme je vous l’avais raconté dans ma Réflexion sur l’amour à l’usage d’un excessif, j’ai fais mes premières armes dans l’arène de l’amour sans bouclier, sans glaive et toujours avec cette petite tempête d’innocence à l’intérieur de moi. C’était insupportable et à la fois inévitable.

 

 

J’ai grandis à peu près au même rythme que j’ai aimé. Pour tout vous dire, c’est un mensonge. J’ai aimé bien plus fort que j’ai pu grandir je crois, mais personne n’ose dire ces choses-là. Vous remarquerez, on se fait toujours juger quand on dit la vérité.

 

 

Je ne sais pas si c’est l’amertume qui me gagne année après année ou ma cécité qui m’empêche de me rendre à l’évidence. Je n’étais pas heureux en la rendant heureuse et vice-versa, on connaît la chanson. On la fredonne tous un jour ou l’autre et souvent ça arrive plus tôt que prévue. Il n’en demeure pas moins que je ne me souviens plus de mes vertueuses certitudes. Ces remparts de bonne conscience derrière lesquelles je me répudiais bien plus souvent que je m’y réfugiais. Tous mes grands principes d’amour dont j’étais fier me donnaient l’impression fallacieuse de sauver les meubles de mon couple. Mais pourquoi diantre me suis-je fais prisonnier durant toutes ces années de ces grandes vertus empoissonnées ?

 

 
C’est une question que je me pose souvent d’ailleurs. Bien des combats que j’ai menés de front, avec une fougue et une certitude désarmante, n’ont finalement été qu’un feu de paille. Mais j’en suis l’unique responsable et modestement j’en accepte entièrement les conséquences.

 

 

 

Mince prix de consolation, je ne suis pas le seul dans ce beau grand bateau. Plus on vieillit et plus fort on aime l’autre. Mais les choses les plus jolies sont aussi les plus cruelles. Et la sagesse ne nous protège pas encore de la déception d’un amour mort. Et c’est d’une rare beauté vous en conviendrez, qu’on puisse à chaque fois perpétrer la même erreur et y croire tout de même incontestablement.

2 Comments

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s