«Je ne veux pas gagner ma vie, je l’ai.» (Pour Guillaume Ouellet)

Chaque personne est capable de se souvenir avec exactitude, à une odeur près, ce qu’il était en train d’accomplir lorsque les tours jumelles se sont effondrées.

 

Les grands événements ont cette capacité d’enfermer à jamais un instant et de le mettre sous vide, à l’écart de l’oubli.

Malheureusement pour moi, tu n’en feras pas exception mon chum.

 

Des mauvaises nouvelles qui pouvaient s’abattre sur moi aujourd’hui il y en avait une tonne, mais c’est la dernière chose que je me serais attendu de toi.

 

 

Guillaume, je suis autant en tabarnack que je t’aime.

 

 

Quand un être nous quitte parce qu’il était malade ou qu’il a eu un accident, on peut s’acharner sur le hasard, sur le karma. On peut en vouloir au conducteur, on peut même maudire le seigneur si on y croit, mais quand on s’enlève la vie, c’est toujours un peu par choix.

 

 

Tu travaillais fort pour te sortir de tes ombres. Je le sais parce qu’on en parlait souvent. Mais tu réussissais toujours par briller à un moment donné. Des fois, c’était plus dur, mais le soleil revenait bien vite.

 

 

Aujourd’hui, tu peux même plus te relever pour envoyer chier tes démons pis ça m’enrage.

Tu étais l’exemple le plus frappant d’une belle personne qui se sous-estime magistralement. J’imagine que des fois ça faisait ton charme, mais la plupart du temps, tu sous-estimais l’impact de qui tu étais. Ce que tu laissais sur les autres avec ton humour, tes conseils abondants, ton écoute indéfectible et vraie. Tu auras été là pour moi à toutes les foutus fois.

Ton amitié comme une habitude dont on ne voudrait jamais se défaire.

 

 

Guillaume, je suis autant en tabarnack parce que tu vas me manquer.

 

 

Tu étais la personne à qui on pouvait tout dire sans jamais craindre de voir à l’horizon apparaître un jugement. Tu étais plus loyal qu’un chien et tu la rirais si tu pouvais la lire. Tu étais un émotif pogné dans un corps de bad boy, surtout quand tu portais tes casquettes. Tu étais d’une rare intelligence et plus que bien des gens tu étais capable de cerner le monde qui t’entourait. C’était juste plus tought quand il était question de toi.

 

 

La dernière fois qu’on s’est croisé il y a une semaine à peine, tu avais ton pot de yogourt pis tes affaires santés. En plein de milieu de l’Inter, j’étais heureux de te voir ce jour-là, on avait jasé un peu pis tu avais le même sacramment de sourire que tu as quand tu vas bien, quand je crois que tu vas bien du moins.

 

 

Aujourd’hui, je pense à toutes les fois où je te disais lorsque tu étais triste : tu es mieux de jamais te suicider mon criss. Chaque fois, on riait, tu me disais non et j’avais la certitude que rien de pire que tes maux n’allait t’arriver, mais j’avais tort.

Guillaume, je vais toujours t’aimer mais je suis en tabarnac.

 

 

 

 

 

Traditionnellement, Guillaume était le premier lecteur de tout mes textes de blogs, il me donnait ses commentaires et il les critiquait toujours avec justesse.

 

Ce texte t’appartient mon chum.

4 Comments

  1. Toutes mes sympathies. Je comprends ta colère, c’est un sentiment d’impuissance incomparable de perdre qqn dans ces circonstances. Reste fort.

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